top of page

Memories of murder
 

2003

La scène :

La scène finale se déroule dans le champ où le premier meurtre a eu lieu. Plusieurs années plus tard, le détective Park Doo-man, pensif, jette un regard sur l'endroit où le premier meurtre a été commis. Une jeune fille s'arrête discute avec lui sur ce qu'il est en train de faire. Park réalise alors que la jeune fille a rencontré le tueur, dans les mêmes circonstances. Il demande alors une description, mais la fillette répond :“Comme tout le monde.”, "quelqu'un d'ordinaire". Park fixe la caméra, brisant le quatrième mur. C’est comme si son regard était dirigé vers le meurtrier, (pas encore arrêté à la sortie du film) qui regarderait le film, mais aussi vers le spectateur : nous aussi, nous pourrions être ce tueur, 

28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no

Pourquoi cette scène est culte ?

photo de Bong Joon-ho
camera-159581_1280-removebg-preview.png
  • Le regard brisant le 4ème mur : Park regarde directement vers la caméra, et donc vers le meurtrier invisible ou le spectateur. Ce geste est extrêmement rare et puissant : il transforme le spectateur en témoin, ou même en suspect potentiel.

  • Le geste obsessionnel de Park : Frotter ses mains dans la terre rappelle les débuts de l’enquête. Il symbolise sa frustration persistante et son impossibilité de clore l’affaire.

  • L’esthétique minimaliste : Champ ouvert, lumière naturelle, silence : le film montre le poids psychologique du crime plutôt que la violence elle-même. Aucun effet dramatique exagéré, tout repose sur le jeu d’acteur, le cadre et le geste.

Impact culturel : 

Cette fin est considérée comme l’un des plus grands plans de clôture du cinéma.

La scène est étudiée pour sa construction narrative, sa tension psychologique et sa symbolique.

Elle est devenue emblématique du cinéma coréen et des films policiers qui jouent sur l’invisibilité du mal.

Le regard direct vers le spectateur a été repris comme exemple de briser le quatrième mur pour un

effet dramatique extrême. 
En 2019? 16 ans après la sortie du film? l’identité du tueur du Hwaseong a été officiellement confirmée grâce à l’ADN :

il s'agit de Lee Choon-jae, déjà en prison pour d’autres crimes.

La scène finale a alors acquis une force encore plus grande :

son message sur l’anonymat du mal et la banalité du tueur devient presque prophétique.

Le regard caméra a été réinterprété comme une adresse directe au meurtrier réel et le film a été rediffusé

massivement en Corée du Sud après cette révélation.

28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no

A savoir :

« Memories of Murder » est un film, inspiré de faits réels survenus entre 1986 et 1991 dans la région de Hwaseong, en Corée du Sud. Cette petite ville a été le théâtre de plusieurs meurtres de jeunes femmes, un cas qui est resté non résolu pendant des décennies et qui a profondément marqué la communauté locale. Le film capture l’atmosphère oppressante de ces villages, où les enquêteurs, mal équipés et dépassés par l’ampleur des crimes, tentent de traquer un tueur insaisissable. Cette combinaison de fiction et de réalité ancre « Memories of Murder » dans un lieu précis, rendant le récit encore plus poignant et authentique.

28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
28579588-ensemble-de-film-bobine-dans-no
bottom of page